
Le bateau demarre a 8h30, une trentaine de passagers a bord, assis sur les banquettes en bois recouvertes de coussin a fleurs.
Cette longue barque d'une trentaine de metres dispose d'une coque metallique, relevee a l'arriere, et d'un habitacle en bois.
Nous remontons le fleuve lentement, d'abord vers l'ouest puis demain vers le nord.
La voie d'eau large de plusieurs centaines de metres est bordee de collines qui se sont formees au cours des millions d'annees au cours desquelles il a coule, descendant de l'Hymalaya vers son delta et la mer de Chine.
En cette saison, nous naviguons a 8 metre sous la cote maximale des moussons et de nombreux rapides se forment entre les blocs rocheux maintenant decouverts qui reduisent la largeur du fleuve.
La foret sur les collines et montagnes environnantes se fait rare. En certains endroits seuls quelques grands arbres dominent encore les pantations de bambous, expoitees par les ethnies montagnardes et les Hmongs.
Notre navire continue sa route, croisant parfois une embarcation identique, transportant des passagers ou du fret, parfois une pirogue de pecheurs, parfois encore un Speedboat, barque equipee d'un moteur surpuissant permettant le transport de personnes a grande vitesse dans un vacarme digne d'une formule 1.
Le bruit sourd et repetitif du moteur et l'inconfort des sieges ne nous fait pas regretter le voyage, les paysages, les villages perches sur les rives ou les collines, les pecheurs croises, les buffles se trempant pour se rafraichir, les chercheurs d'or remuant leurs tamis, le parfum frais de la foret, la brume du matin dans les arbres, la lumiere orangee au lever et au couchant du soleil.
Il est 18h, nous arrivons a Pakbeng. Village sans interet ? Nous ne le saurons jamais car personne ne s'y arrete plus d'une nuit.
Puis, il est deja 8h30 et nous repartons pour Houay Xay. Paysages similaires, eau couleur ocre, riche, deposant ses limons fertiles depuis toujours, jusqu'a son delta, quelques milliers de kilometres plus au sud.
Dernier grand meandre et rapides. Le fleuve s'elargit. Sur la rive gauche, la Thailande. Des bancs de sable apparaissent. Les montagnes semblent s'eloigner a l'horizon. La chaleur monte. La brume emplit l'air, ressemblant a l'harmattan africain.
Nous arrivons. Il faudra ensuite traverser le fleuve pour atteindre Chiang Kong et la Thailande ou nous dormirons. |